Autisme : le confinement des esprits

« le grand confinement » c’est peut être ainsi que l’histoire retiendra la période que nous vivons. Par sa dimension mondiale, cela rentrera naturellement dans la grande Histoire de l’Humanité.

Quand on fait parti de la communauté autistique, ça fait un bail qu’on connaît le confinement : celui des esprits. La France tel le village Gaulois d’Astérix résiste encore et toujours à l’envahisseur. La France continue a tourné volontairement le dos aux multiples découvertes scientifiques qui permettent de penser un meilleur accompagnement. Les personnes porteuses d’un TSA n’ont pas à être soignées mais aidées à mieux vivre au quotidien avec leurs différences.

Par ailleurs, nous vivons en quelques sorte déjà depuis bien longtemps un confinement permanent. Pour s’en convaincre, rappelez-vous : l’autisme enferme dans une « bulle » ! Oui, nous sommes bien enfermés dans une bulle. Mais celle-ci n’est pas le fait des autistes mais des non autistes, des neurotypiques. Mal nommer les choses ajoute aux malheurs du monde disait Camus. A ce propos ayant relu il y a peu de temps « L’étranger », j’ai été frappé à certains égards par le parallèle possible entre l’autisme et le personnage de Meursault.

Depuis le 17 mars, il ne vous aura donc pas échappé que nous sommes tous confinés, invités à rester chez nous du fait de la circulation d’un virus respiratoire sur lequel l’humanité et les chercheurs en tête n’ont aucune véritable connaissance faute de recul. De la crise sanitaire que nous vivons, j’aime à croire que le changement de société tant attendu par certains d’entre nous adviendra. Je dirai à ce propos que je suis un optimiste désabusé… Comment sera le monde d’après ? Pour ma part, je ne crois pas qu’il sera fondamentalement changé, l’Homme ayant de nombreuses fois fait la preuve de son incapacité à tirer les leçons du passé. Pour l’instant, la question qui me préoccupe concerne le devenir des autistes.

Si le Covid-19 nous impose un nécessaire confinement des corps, la question de l’autisme nous amène à celle du confinement des esprits. Depuis plus de quarante ans, l’esprit français est confiné dans un schéma obsolète dont on peine à s’extraire. Nombres de personnes comme moi font leur possible pour faire bouger les lignes mais force est de constater que le tâche est titanesque. Le pays des Lumières, de Descartes, de Rousseau, de Montaigne, de Montesquieu et consort serait-il plongé dans l’obscurité ?

La France est probablement aujourd’hui encore avec l’Argentine le pays le plus freudien au monde. La psychanalyse et le spectre de son père fondateur, Sigmund Freud, hantent tous les domaines qui s’intéressent à l’esprit humain allant de la psychiatrie à la psychologie, en passant par le domaine sanitaire et sociale etc. Ici, la psychanalyse est partout. Celle-ci voit les origines de l’autisme dans la relation parent-enfant. Parents ? Les deux parents ont-ils une part de responsabilité égale ? Rassurez-vous messieurs, vous n’y êtes pour rien, tout est la faute de la mère… On en rirait si cela n’était pas aussi tragique. D’autant que nous avons aujourd’hui suffisamment de recul pour mettre au jour les turpitudes des figures tutélaires de la psychanalyse. Il y aurait énormément de chose à dire tant celles-ci sont nombreuses, flagrantes et parfois grotesques. En gros, Freud était un affabulateur qui voulait se faire une place au sein du milieu de la psychiatrie viennoise. Étant parfaitement conscient des faibles résultats de la psychanalyse, il a, au travers de ses nombreux écrits, largement enjolivé la réalité et parfois menti de manière éhonté. Bettelheim quant à lui a carrément menti sur la réalité de ses compétences en s’inventant un CV plus que flatteur jouant sur le fait que son expérience des camps de concentration susciterai indulgence à son égard et que ses contemporains seraient peu regardant. Pour finir, Lacan, ayant fondé sa propre école de psychanalyse à la suite de son exclusion des instances internationales, faisait figure de gourou… Tous les éléments que je rapporte proviennent de différentes contributions d’auteurs ayant participé à la rédaction du « Livre noir de la psychanalyse ». Je le cite de mémoire ainsi je sollicite votre indulgence quant à l’exactitude de ces infos.

En septembre 2019 à eu lieu à Nice un congrès relatif à l’autisme auquel le spécialiste Simon Baron-Cohen, mondialement reconnu, participait. Voici son intervention en vidéo, c’est ici ! Parce que plus de 45 minutes de conférence en anglais peut être difficile à digérer, vous en trouverez un résumé sur le blog de Elize Dulam. Comme moi, elle est autiste et nous faisons parti tout deux d’une même association à laquelle j’ai déjà fait allusion « Une vie Un projet », mouvement créé par Mme Kangué Konté, assistante sociale de formation, et mère d’un enfant autiste. La page est ici.

Pour Simon Baron-Cohen les origines de l’autisme sont génétiques. C’est un chercheur reconnu et dont techniques et résultats de recherche sont fiables. En gros, on peut faire confiance, c’est du sérieux. L’autisme n’a rien à voir avec de quelconques vaccins ou autres substances et est encore moins le fruit de la relation de l’enfant avec sa mère. On naît autiste, on ne le devient pas. Le corollaire étant qu’on n’en guérit pas. Ces savoirs qui ailleurs dans le monde sont vu comme des évidences, la psychiatrie française dans sa grande majorité les rejette. Aussi longtemps que perdurera cet état de fait, nous ne cesserons de crier pour nous faire entendre. Notre pays, patrie des droits de l’Homme, pas celle des autistes apparemment, souffre de cet état de fait qui emprisonne tant l’esprit que les corps. Je pense par là à toutes les personnes neuroatypiques, autistes ou non, parmi les plus vulnérables que l’on enferme dans des institutions maltraitantes dans lesquelles nul ne sait ce qu’il se passe les portes restant closes aux familles ou à tout autre observateur. Lisez à ce sujet le livre enquête de Sophie le Callannec et Florent Chapel « Autisme : la grande enquête ». Certaines de leur révélations font froid dans le dos et sont au déshonneur de la France.

Cette article m’a été inspiré par une amie neurotypique qui un jour me confia ce qu’elle ressent actuellement dans son existence. C’est une personne que je n’ai pas revu depuis plus de quinze ans mais pour qui j’éprouve beaucoup d’empathie. Je pense également à une tribune, que j’avoue pas avoir lu faute d’abonnement, de Edgard Morin paru le 24 avril dans le journal le monde dans lequel il évoque un confinement des esprits vis-à-vis de la mondialisation et du modèle capitaliste. J’ai pour cet homme qui fut pour un temps compagnon de voyage de Stéphane Hessel un respect infini.

Je finirai par ces mots dont je ferai désormais ma devise : « L’autisme n’est pas le problème, c’est la solution ! ».

Informez-vous ! Merci de m’avoir lu.

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